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Tendances du marché

Taux des crédits immobiliers : suivre leur évolution mois après mois

Le taux des crédits immobiliers se suit mois après mois pour mesurer l’orientation du coût de financement, la capacité d’emprunt et le niveau de mensualité, car un simple ajustement peut faire basculer un projet immobilier.

Par la rédaction du Cabinet SoudeyPublié le 10 min de lecture

Longère normande à colombages et toit d’ardoise, devant une pelouse sous un ciel bleu

Les taux des crédits immobiliers se lisent utilement mois après mois, car une variation même limitée peut changer votre capacité d’emprunt, votre mensualité et le rythme auquel les projets reviennent sur le marché. Le point publié par la Banque de France le 6 octobre 2026 montre qu’en août 2026, le taux moyen des nouveaux crédits à l’habitat hors renégociations atteint 3,32 %, après 3,30 % en juillet, tandis que la production remonte à 12,2 Md€ après 11,1 Md€.

Pour un achat sur la côte d’Albâtre, suivre cette évolution ne consiste pas à deviner un point bas parfait. Il s’agit plutôt de comprendre ce que mesure le chiffre officiel, de repérer une tendance, puis de rapprocher cette tendance de votre budget, de votre apport et des critères d’octroi encore prudents observés sur le marché français.

À retenir

  • En août 2026, le taux moyen des nouveaux crédits à l’habitat hors renégociations s’établit à 3,32 %, après 3,30 % en juillet et 3,27 % en juin.
  • La production mensuelle de crédits à l’habitat hors renégociations atteint 12,2 Md€ en août 2026, après 11,1 Md€ en juillet et 13,2 Md€ en juin.
  • Depuis fin 2025, la production mensuelle oscille entre 10,9 et 13,2 Md€.
  • Après la baisse engagée mi-2024, un palier apparaît vers le milieu de 2025, avec un taux moyen de 3,08 % en décembre 2025, puis une légère remontée au début de 2026.
  • Le crédit à l’habitat reste très majoritairement à taux fixe, avec près de 99,6 % de la production en 2025.

Ce que mesure vraiment le chiffre publié chaque mois

Quand on parle des taux des crédits immobiliers, le chiffre mensuel le plus utile est celui des nouveaux crédits à l’habitat. La Banque de France précise qu’il s’agit d’un taux effectif au sens étroit, c’est-à-dire la composante intérêt du TEG. Autrement dit, ce n’est pas un coût total incluant tous les frais annexes et l’assurance.

Ce point est essentiel pour comparer les mois sans confusion. Le taux publié sert à suivre une orientation générale du crédit, pas à reconstituer le coût complet d’un dossier individuel. Deux ménages peuvent donc obtenir des conditions globales différentes, même pendant un mois où le taux moyen national évolue peu.

La Banque de France distingue aussi la production de nouveaux crédits et les encours. La production correspond aux crédits octroyés, même s’ils ne sont pas encore versés. Les variations d’encours, elles, dépendent du décaissement effectif et des remboursements des anciens prêts. Pour suivre le marché mois après mois, la production est souvent l’indicateur le plus parlant.

Comment lire une variation mensuelle sans en tirer une conclusion trop rapide

Une hausse sur un mois n’indique pas forcément un retournement durable. Entre mai et juin 2026, le taux moyen passe de 3,21 % à 3,27 %, tandis que la production de crédits à l’habitat hors renégociations augmente de 11,4 Md€ à 13,2 Md€. Cette évolution décrit le mois de juin 2026 et ne suffit pas, à elle seule, à tirer une conclusion générale sur l’effet d’une remontée de taux sur la demande. En juillet, le taux continue de monter, à 3,30 %, alors que la production retombe à 11,1 Md€, avant de remonter à 12,2 Md€ en août.

La lecture doit se faire sur plusieurs mois. Dans sa publication sur juin 2026, la Banque de France indique que la production oscille entre 10,9 et 13,2 Md€ depuis fin 2025. Ce corridor donne un repère plus solide qu’un seul point mensuel.

Il faut également vérifier si l’on regarde :

  • les crédits à l’habitat hors renégociations, pour suivre la demande nouvelle ;
  • les taux hors frais et assurance, pour comparer les mois sur une base homogène ;
  • des données corrigées des variations saisonnières pour la production, afin d’éviter des effets calendaires.

Si vous comparez deux mois sans tenir compte de ces définitions, vous risquez de mélanger des indicateurs qui ne racontent pas la même chose.

Le point de repère utile entre fin 2025 et août 2026

L’évolution récente se comprend mieux avec trois jalons : la phase de baisse amorcée mi-2024, le moment où ce mouvement s’interrompt vers la mi-2025, puis la légère remontée observée au début de 2026. L’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution indique qu’en décembre 2025, le taux moyen atteint 3,08 %, avant un léger rebond au début de 2026.

PériodeTaux moyen observéProduction de crédits à l’habitatCe que cela suggère
Décembre 20253,08 %12,7 Md€ hors renégociationsPalier des taux, engagé vers la mi-2025
Mai 20263,21 %11,4 Md€ hors renégociationsProduction en léger recul par rapport à avril (12,0 Md€), taux quasi stable (3,22 % en avril)
Juin 20263,27 %13,2 Md€ hors renégociationsHausse modérée du taux, avec une production mensuelle plus élevée qu’en mai
Juillet 20263,30 %11,1 Md€ hors renégociationsTaux encore en légère hausse, production en recul
Août 20263,32 % (provisoire)12,2 Md€ hors renégociations (provisoire)Hausse limitée du taux, production en légère remontée

Sur une année entière, l’ACPR note aussi que la production de crédits atteint 171,3 Md€ en 2025, en hausse de 29,3 %. Au premier trimestre 2026, la croissance devient plus modérée, à +3 % par rapport au premier trimestre 2025. Pour un acheteur, cela signifie qu’il faut surveiller à la fois le prix de l’argent et le volume de crédit distribué : les deux ensemble donnent une image plus fidèle du marché.

Ce que ces chiffres changent pour votre capacité d’emprunt

Suivre les taux des crédits immobiliers mois après mois vous aide surtout à mesurer votre marge de manœuvre. Quand le taux remonte, une part plus importante de la mensualité sert à payer les intérêts. À budget constant, cela peut réduire le montant empruntable. Quand le taux se stabilise ou recule, la capacité d’emprunt respire un peu.

Le sujet ne se résume pourtant pas au seul taux. L’ACPR souligne que le marché reste encadré par des critères d’octroi prudents. En 2025, le taux d’effort moyen est stable à 30,4 %, tandis que les prêts au-delà de 35 % représentent 16,2 % de la production. La marge de flexibilité utilisée par les banques s’établit à 16,6 % en moyenne en 2025, soit en dessous du plafond autorisé de 20 % de la production.

En pratique, cela veut dire qu’un mouvement mensuel des taux doit être interprété avec les autres contraintes du dossier :

  • le niveau de revenus ;
  • les charges déjà supportées ;
  • la durée du prêt ;
  • l’apport disponible ;
  • la place du projet dans les critères d’octroi.

Pour approfondir le cadre du taux d’effort, vous pouvez consulter les règles du HCSF pour emprunter. Si votre situation est atypique, un court échange avec votre banque ou un professionnel du chiffre permet de vérifier ce qu’un changement de taux modifie réellement pour vous.

Pourquoi la structure du marché compte autant que le niveau du taux

Les mouvements de taux sont plus faciles à interpréter quand on regarde aussi la structure de la production. En 2025, les renégociations représentent 14,4 % en moyenne sur l’année, tandis que la production hors renégociations progresse de 33,2 %. Le marché est donc porté d’abord par de nouveaux projets, et moins par la révision d’anciens prêts.

L’ACPR relève aussi plusieurs signaux utiles :

  • la part des primo-accédants monte à 43,7 % en 2025 ;
  • l’investissement locatif recule à 12,0 % ;
  • la production reste orientée très majoritairement vers l’ancien, à 77,6 % ;
  • les prêts relais représentent 6,4 % de la production ;
  • les prêts à taux fixe pèsent près de 99,6 % de la production en 2025.

Pour un ménage qui cherche son rythme d’achat, ces données sont utiles. Elles montrent un marché où le crédit reste largement construit autour de financements classiques, à taux fixe, pour des acquisitions dans l’ancien. Sur la côte d’Albâtre, où de nombreux projets concernent des maisons de pays, longères, chaumières ou appartements, cette stabilité du modèle de financement aide à comparer son projet à un cadre national lisible. Si vous regardez déjà des biens, les annonces actuellement proposées sur la côte d’Albâtre donnent un ordre d’idée des budgets rencontrés au Cabinet Soudey, sans préjuger du marché local dans son ensemble.

Les primo-accédants donnent un bon thermomètre de la reprise

La Banque de France publie des données complémentaires sur l’accès au crédit immobilier des primo-accédants à partir d’informations recueillies auprès de 12 banques résidentes, couvrant 90 % de l’encours total de prêts. Elle observe que le nombre de prêts accordés aux primo-accédants, comme celui des ventes de logements et des prêts à l’ensemble des emprunteurs hors renégociations, se stabilise depuis le printemps 2026.

Autre repère : la durée initiale moyenne des nouveaux prêts à l’habitat pour l’acquisition d’une résidence principale s’élève à 23 ans et 4 mois pour l’ensemble des emprunteurs, et à 23 ans et 10 mois pour les primo-accédants, selon la publication sur août 2026.

Ces chiffres n’indiquent pas ce que vous obtiendrez personnellement, mais ils montrent que le marché du crédit n’est pas figé. Si vous êtes en phase de préparation, une stabilisation des volumes et des durées aide à construire un projet plus réaliste qu’en période de brusque changement.

Suivre les bons indicateurs, au bon rythme

Le plus simple est de regarder chaque nouvelle publication mensuelle de la Banque de France en conservant toujours les mêmes repères. Deux liens publics suffisent pour ne pas se perdre : la page des crédits aux particuliers pour le suivi mois par mois, et l’analyse annuelle de l’ACPR sur le financement de l’habitat en 2025 pour remettre les chiffres en perspective.

Pour ne pas surinterpréter une publication, gardez la même grille de lecture :

  • le taux moyen des nouveaux crédits à l’habitat hors renégociations ;
  • la production mensuelle ;
  • la place des renégociations ;
  • la part du taux fixe ;
  • la tendance sur plusieurs mois, et non sur un seul relevé.

Cette discipline est souvent plus utile que la recherche d’un moment idéal. Un bon timing est d’abord celui où votre budget est clair, votre projet cohérent et votre financement compatible avec les conditions du moment.

Questions fréquentes

Comment savoir si les taux immobiliers montent vraiment ou s’ils bougent seulement sur un mois ?

Il faut comparer plusieurs publications successives, pas un seul mois isolé. Entre décembre 2025 à 3,08 % en moyenne et août 2026 à 3,32 %, la lecture devient plus solide qu’entre deux mois consécutifs seulement.

Le taux moyen publié correspond-il au coût total de mon crédit ?

Non. La Banque de France publie un taux hors frais et assurance, défini comme un taux effectif au sens étroit. Il est très utile pour suivre une tendance nationale, mais il ne remplace pas le coût global d’une offre individuelle.

Une légère hausse des taux empêche-t-elle d’acheter ?

Les données disponibles ne permettent pas de répondre de manière générale à cette question. Elles montrent seulement qu’entre mai et juin 2026, le taux moyen est passé de 3,21 % à 3,27 % pendant que la production de crédits à l’habitat hors renégociations progressait de 11,4 Md€ à 13,2 Md€, puis qu’en juillet la production est retombée à 11,1 Md€ alors que le taux montait encore à 3,30 %.

Pourquoi regarder aussi la production de crédits ?

Parce qu’elle indique si les banques financent effectivement davantage de projets. Entre mai et juin 2026, elle augmente alors même que le taux moyen progresse aussi, ce qui éclaire utilement la lecture de cette période précise. En juillet, elle recule à 11,1 Md€ alors que le taux continue de monter, avant de remonter à 12,2 Md€ en août.

Les prêts immobiliers restent-ils surtout à taux fixe ?

Oui, très largement. L’ACPR indique que les prêts à taux fixe représentent près de 99,6 % de la production en 2025. C’est un repère important pour comprendre le fonctionnement du marché français du financement de l’habitat.

Les primo-accédants retrouvent-ils plus facilement le crédit ?

Les données disponibles montrent une stabilisation depuis le printemps 2026 du nombre de prêts accordés aux primo-accédants, ainsi que des ventes de logements et des prêts à l’ensemble des emprunteurs hors renégociations.

À quel moment commencer à suivre les taux si je veux acheter dans quelques mois ?

Le plus utile est de commencer dès que votre projet devient concret. Quelques mois de suivi suffisent souvent à repérer une tendance, à rapprocher votre budget des conditions de crédit et à vérifier si le type de bien recherché reste compatible avec votre financement.

Sources

  1. Crédits aux particuliers - 2026-08 | Banque de France, Banque de France
  2. Crédits aux particuliers - 2026-06 | Banque de France, Banque de France
  3. Crédits aux particuliers - 2026-01 | Banque de France, Banque de France
  4. N° 183 : Le financement de l'habitat en 2025 | Autorité de contrôle prudentiel et de résolution, Banque de France

À savoir. Le contenu des articles rédigés peut contenir des erreurs, des omissions ou des informations devenues inexactes depuis leur date de publication, malgré les contrôles effectués. Il est fourni à titre purement informatif : il ne remplace pas l’avis d’un notaire, d’un avocat, d’un expert-comptable ou d’un professionnel de l’immobilier, et le cabinet décline toute responsabilité en cas d’information erronée. Pour votre situation, appuyez-vous sur les sources officielles citées ou contactez-nous.

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